Annonce des Etats-Unis de leur volonté de parvenir à un accord contraignant et "global" sur la réduction des gaz à effet de serre !
Catégorie : La pollution
Publié par Yan le 28/02/2008

La Commission européenne a émis lundi 25 Février des réserves après l'annonce par les Etats-Unis de leur volonté de parvenir à un accord contraignant et "global" sur la réduction des gaz à effet de serre, en raison des conditions posées par Washington.

"On ne peut pas demander à la Chine et à l'Inde d'avoir les mêmes objectifs contraignants que les Etats-Unis et l'Union européenne, qui ont une responsabilité historique dans le changement climatique" en tant que puissances industrialisées, a indiqué à l'AFP le porte-parole de la Commission chargé des questions d'environnement, Barbara Helfferich.

Daniel Price, conseiller du président George Bush pour les affaires économiques internationales, affirme que son pays est prêt à prendre des engagements légalement contraignants de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le cadre d'un accord par lequel toutes les grandes économies prendraient des engagements similaires

Devant la presse à Paris, il a laissé entendre que cet accord pourrait être annoncé au moment du sommet des huit pays les plus industrialisés, le G8, qui a lieu début juillet au Japon.

"L'Union européenne souhaite un accord dans le cadre du processus engagé au sein des Nations unies", a rappelé à ce sujet le porte-parole de la Commission.

 "Un accord dans le cadre du G8 peut aider, mais ce n'est pas suffisant", a-t-elle souligné.Selon une source européenne, proche du dossier, "vouloir traiter tous les grands émetteurs (de gaz à effet de serre) sur un pied d'égalité signifie qu'il n'y aura pas d'accord".Kyoto, que les Etats-Unis sont les seuls du monde développé à ne pas avoir ratifié, impose des objectifs contraignants de réduction des émissions polluantes aux seuls pays industrialisés jusqu'en 2012.

La communauté internationale s'est donné, en décembre à Bali, jusqu'à la fin 2009 pour définir le futur régime de lutte contre l'effet de serre au-delà de 2012.L'UE s'est fixé unilatéralement une réduction de moins 20% de ses émissions d'ici 2020 - et de moins 30% si un accord international le décide - mais se retrouve pour l'heure bien isolée.La Commission européenne a soumis le 23 janvier aux Etats membres un plan d'action dans ce but, dont la mesure phare consiste a faire payer les permis de polluer à partir de 2013.

Les industriels critiquent cette disposition et menacent de délocaliser. Sept pays membres --Autriche, Allemagne, France, Finlande, Luxembourg, Hongrie et République Tchèque-- ont souligné ces risques dans une lettre commune adressée au commissaire à l'Industrie Günter Verheugen.

"La position européenne doit être équilibrée: à la fois montrer l'exemple, mais aussi ne pas altérer la compétitivité de notre industrie" pour ne pas risquer des délocalisations, a expliqué lundi Hervé Novelli, secrétaire d'Etat français aux entreprises et au commerce extérieur, au cours d'une réunion avec ses homologues européens à Bruxelles. Bernd Pfaffenbach, secrétaire d'Etat au ministère allemand de l'Economie, a pour sa part jugé "important qu'il n'y ait pas de désindustrialisation".